Rouleaux de printemps de Patrice Desbiens
Mon premier recueil de ce poète. Patrice Desbiens, c’est l’accent francophone irrésistible de la serveuse dans un truck-stop à Sudbury. C’est l’écran de télévision quand il neige entre deux postes. Ce sont les leggings serrés de la fille de l’autre bord de la rue en canicule. C’est l’odeur étouffante d’un rideau de douche neuf tandis qu’on regarde le soleil changer de nuage par la fenêtre.
les matinées perdues à frencher
le bol de toilettes
tandis que le matelas meurt
de peur et de froid et
de manque d’amour.
Ils ne savent pas que
sans poésie
c’est eux qui sont morts
tandis que le poète
avec un grand
soupir de chien
s’étire et
s’éteint.
Desbiens c’est toi et moi les yeux dans les yeux à Berri-UQÀM.
Je veux être dans
un film
avec toi
Un film où
il n’y a pas de
figurants
neutrino