Ru de Kim Thúy

Un récit émouvant de sa traversée enfant comme boat people, de sa famille éclatée sur la mer, des soldats communistes du nord dans la maison familiale, des enfants qu’on abandonne à la mer et aux pirates pour un avenir meilleur avec des pierres précieuses cachées dans leur linge, de ses premiers Noëls au Québec, de son enfant autiste.

Il ne comprendra jamais pourquoi j’ai pleuré quand il m’a souri pour la première fois. Il ne saura jamais que, grâce à lui, chaque étincelle de joie est devenue une bénédiction et que je livrerai toujours les combats contre l’autisme, même si d’avance je le sais invincible.

D’avance, je suis vaincue, dénudée, vaine.

Un récit sur l’espoir, avec les rigidités de son fils et son grand frère qui en grandissant aide son benjamin et joue à son niveau.

Un récit sur la survivance.

La guerre et la paix sont des amies et elles se moquent de nous. Elles nous traitent en ennemis quand ça leur plaît, comme ça leur convient, sans se soucier de la définition ou du rôle que nous leur donnons.

La vie est un combat où la tristesse entraîne la défaite.

Les boat people sont ceux qui ont échoué sur la terre ferme. Les autres, ceux qui avaient coulé pendant la traversée, n’avaient pas de noms.

Minimalisme

On comprend pourquoi avoir tant vu et vécu, on essaie de n’acquérir que des choses qui ne dépassent pas les limites de notre corps, pour ne pas encombrer inutilement notre trajet de biens à transporter, à assurer, à entretenir.

Traditions

Les vietnamiens du Sud ont la tradition de remplacer le nom des frères et soeurs par l’ordre des naissances, mais en commençant par le numéro 2 (par exemple Oncle 2 au lieu d’oncle Chung le fils aîné de la famille ou Tante 7).

Sur l’effacement par le temps

Les bijoux du voyage comme les cicatrices de la guerre, une fois les années accumulées en milliers de strates, après seulement trente ans je ne nous reconnais déjà plus que par fragments, par cicatrices, par lueurs.




neutrino